Une idée reçue pose le postulat que la papier est plus énergivore et moins écoresponsable que le numérique. En regardant tous les aspects du problème, la conclusion n’est pas aussi simple ni simpliste. Une méthode d’analyse s’impose pour départager le numérique ou le papier : Analyse du cycle de vie.
Analyse du cycle de vie
L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) est une méthode rigoureuse permettant d’évaluer l’impact environnemental d’un produit ou d’un service tout au long de son cycle de vie. Elle prend en compte toutes les étapes, de l’extraction des matières premières jusqu’au recyclage ou à la valorisation. Encadrée par les normes ISO 14040 et 14044, cette approche multi-critères permet d’avoir une vision globale et objective des impacts environnementaux.
Papier vs Numérique : Une opposition souvent simplifiée
L’idée selon laquelle le papier serait anti-écologique et que la dématérialisation réduirait forcément l’impact environnemental est répandue, mais peu d’études ont véritablement comparé ces deux supports de manière scientifique. C’est pourquoi l’ACV appliquée à des usages concrets permet de clarifier la réalité des impacts. Une Etude du groupe La Poste apporte un nouvel éclairage et permet de tempérer le propos.
Méthodologie et critères d’évaluation
L’ACV repose sur 16 indicateurs environnementaux, définis par la méthode « Product Environmental Footprint (PEF) » de la Commission Européenne. Ces indicateurs incluent des paramètres tels que l’empreinte carbone, la consommation d’eau, l’acidification des sols, la consommation de ressources fossiles, etc…
Comparaison Papier vs Numérique : 5 scénarios étudiés
Pour mesurer les impacts réels du papier et du numérique, cinq cas d’usage courants ont été analysés :
1. Publicité pour une marque automobile
Papier : Mailing couleurs de 16 pages (A5) envoyé par courrier adressé.
Numérique : Site Internet accessible en ligne via un lien envoyé par emailing publicitaire.
2. Catalogue d’une marque de mobilier
Papier : Catalogue envoyé par courrier.
Numérique : Site web type e-shop avec campagne de communication via emailing.
3. Prospectus pour une chaîne de restauration
Papier : Flyer A5 recto en couleurs distribué en boîte aux lettres.
Numérique : Vidéo publicitaire courte diffusée sur les réseaux sociaux.
4. Promotion d’une enseigne de grande distribution
Papier : Catalogue promotionnel de 36 pages distribué en boîte aux lettres.
Numérique : Application mobile utilisée après réception d’un emailing contenant une vidéo promotionnelle.
5. Facture d’électricité
Papier : Facture envoyée par courrier adressé.
Numérique : Facture électronique accessible via un site web, avec notification par email.
Pourquoi cette étude est essentielle ?
L’empreinte environnementale du papier et du numérique varie selon plusieurs facteurs :
La source de l’électricité (énergies fossiles ou renouvelables)
Le taux de recyclage des papiers et cartons
La durée de vie et la fréquence de renouvellement des équipements numériques
L’impact de l’extraction des métaux et terres rares pour les serveurs et appareils électroniques
Contrairement aux idées reçues et dans la majorité des cas présentés, le numérique n’est pas toujours plus écologique que le papier, notamment en raison de la consommation énergétique des serveurs, des data centers et des terminaux utilisateurs.
Une approche basée sur des données factuelles et des analyses scientifiques est donc indispensable pour guider des choix responsables et adaptés aux véritables enjeux environnementaux. Merci au groupe La Poste pour cette étude éclairante. Numérique ou papier: l’analyse du cycle de vie est essentielle pour tirer des conclusions irréfutables.
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